THE INTERVIEW
January, 2026
PIERRE ARAGOU
DIRECTORS OF VIVRE UN NOUVEAU JOUR
BEST PHOTOGRAPHY
Pierre, parlez-nous un peu de vous. D’où vient votre envie de devenir réalisateur ?
Quel est votre parcours ?
Quelles étaient vos références pour « Vivre un nouveau jour » ?
Les références, j’ai décidé de rejeter les conventions du documentaire… Avant de faire le film, j’ai pensé à Sidney Lumet, je le cite : « En premier lieu, une caméra ne répond pas. Elle ne pose pas de questions stupides. Elle ne pose pas non plus de questions pénétrantes qui vous font réaliser que vous vous trompiez depuis le début. Eh oui, c’est une caméra ! En revanche,
- Elle peut pallier une performance qui laisse à désirer.
- Elle peut améliorer une bonne performance.
- Elle peut créer une ambiance.
- Elle peut créer de la laideur.
- Elle peut créer de la beauté.
- Elle peut susciter l’excitation.
- Elle peut capturer l’essence du moment
- Elle peut arrêter le temps.
- Elle peut modifier l’espace.
- Elle peut définir un personnage.
- Elle peut exposer une situation.
- Elle peut faire une blague.
- Elle peut faire des miracles.
- Elle peut raconter une histoire !
Si mon film présente 2 stars à l’affiche, je sais bien qu’en fait une 3ème participe. La 3e star, c’est la caméra. » J’ai donc adopté la caméra comme second personnage, une présence silencieuse avec douceur et compassion. La caméra n’interroge pas les protagonistes, elle écoute.
Vous avez remporté une mention aux RED Movie Awards, qu’est-ce que cela représente pour vous ?
Qu’est-ce qui vous a poussé à aborder le sujet du PTSD, du trauma et du suicide, des thèmes encore largement tabous, notamment dans les forces de l’ordre et l’armée ?
Fin 2022, je suis en recherche de sens avec mon savoir-faire et je découvre sur les réseaux l’implication de Christophe, policier, sur la prévention du suicide. Il est très actif et je suis très ému face à son discours. Je décide de rentrer en contact avec lui : il me raconte son parcours et, avec lui, je décide de réaliser ce film. C’était comme une évidence.
Comment le faire correctement pour positiver le discours et montrer qu’une vie est possible après la crise suicidaire sans renter dans le sensationnel ?
L’idée d’être un témoin visuel sans manipuler le discours de Christophe et de Sébastien est pour moi essentiel : je voulais retransmettre avec exactitude leurs émotions sans trahir, sans extrapoler sur leurs univers, avec des images qui pollueraient leur discours. La confiance s’installe au fur et à mesure, le spectateur découvre les protagonistes. La rencontre avec Christophe m’a mené vers Nathalie Pauwels, tout aussi impliquée dans la santé mentale et ses répercutions. Nathalie est chargée du déploiement national du programme « Papageno ». Son retour par rapport au fim a été primordial dans le sens où parler de suicide de façon sensationnelle peut en engendrer d’autres suicides : ce que l’on nomme « l’effet Werther ». Elle m’a donné des clés pour éviter ce genre de problématique. Son contact a été précieux et très enrichissant.
Votre film donne la parole à Christophe et Sébastien avec une grande pudeur. Comment avez-vous construit cette relation de confiance pour permettre une parole aussi libre et authentique ?
Le film parle autant de souffrance que de résilience et de reconstruction. Était-ce important pour vous de montrer cette possibilité de retour à la vie ?
Votre travail sur la lumière naturelle est très présent. En quoi la lumière devient-elle un outil émotionnel et narratif dans ce documentaire ?
Si ce film pouvait provoquer une seule chose chez le spectateur une prise de conscience, une émotion, une action qu’aimeriez-vous que ce soit ?
Quel est votre prochain projet ?